Petit train va loin

Lorsque j’ai terminé mon secondaire en 2005, je me suis orientée vers une technique en éducation spécialisée à Rouyn-Noranda. Après un an et demi, au début de mes stages au centre jeunesse de Val-d’Or, je me suis bien rendu compte que ce n’était pas pour moi. Je crois que c’est entre autres le peu d’écart d’âge entre la clientèle et moi qui a fait en sorte que je n’étais pas en mesure d’intervenir de façon efficace. Aussi, je pense que je n’avais pas atteint le niveau de maturité nécessaire pour œuvrer dans ce domaine. De plus, être sur les bancs d’école n’a jamais été un plaisir pour moi.





J’ai donc délaissé ce projet pour commencer à travailler au Château Malartic comme serveuse, en attendant de voir ce que je voulais faire. En cours de route, j’ai entamé une formation en massothérapie qui n’a pas fait long feu non plus… Je suis finalement restée derrière le bar durant quatre années, où je me suis découvert une passion pour l’organisation d’événement et le service à la clientèle. À ce moment-là, mon rythme de vie collait bien avec cet emploi. J’aimais faire la fête et rencontrer des gens, et je pouvais faire tout ça en travaillant. Lors de ma dernière année au Château, une opportunité inattendue s’est présentée à moi.


À 24 ans, j’avais la chance de me lancer en affaires et d’avoir mon propre établissement. C’est la tête remplie de projets et le cœur plein d’ambition qu’en 2011 je suis devenue copropriétaire du bar Chez Dédé à Malartic. Cette aventure s’est étendue sur environ trois ans et m’a permis d’en apprendre beaucoup sur la gestion d’une entreprise. Tenir la comptabilité, organiser les événements, m’occuper des commandes, gérer le personnel et plus encore, faisait partie de mon quotidien. La relation avec mon partenaire d’affaires a aussi été très instructive pour moi en tant qu’entrepreneure. Cette expérience a été déterminante pour la suite de mon parcours.


Cependant, le domaine de l’hôtellerie étant ce qu’il est, les fêtes s’enchaînaient et la vie nocturne commençait à me peser. À cela s’ajoutaient de plus en plus de divergences d’opinions entre moi et mon collègue à propos de la gestion de l’établissement. C’est ce qui m’a mené à une grande remise en question. Cette période a été très angoissante pour moi. Je choisis donc de m’isoler quelques jours dans un chalet afin de prendre une décision à tête reposée. À ce stade, je voyais le fait de me retirer du projet comme un échec. En abandonnant ce pour quoi j’avais travaillé si fort, j’avais peur de me retrouver devant rien. N’ayant complété aucune étude après le secondaire, ce métier était le seul que je connaissais. J’avais aussi compris qu’être mon propre patron, c’était ce qui me plaisait. Mais je devais me rendre à l’évidence, ça ne pouvait plus continuer comme ça. En y repensant encore aujourd’hui, j’ai tellement bien fait de m’écouter. Il faut toujours s’écouter ! De retour de mon escapade, je pris la décision de vendre mes parts et ainsi entamer une année sabbatique, afin de m’offrir une période de réflexions à propos de ma vie professionnelle. Ça n’a pas été facile… Le découragement, le questionnement, la peur et l’isolement me tenaient compagnie… Ce n’est qu’après un certain temps que j’ai pu y voir plus clair.


J’ai profité de cette période pour m’adonner à des activités qui me passionnaient, mais que j’avais mises de côté depuis un moment. C’est ainsi que mon appareil photo est enfin sorti des « boules à mites » et que je commençais la photographie. Au début, je photographiais surtout des paysages, des animaux et des fleurs. Ensuite, je m’amusais à faire des mises en scène de toutes sortes, laissant aller mon imagination. Un peu plus tard, j’ai tenté l’expérience avec des amies à moi qui ont bien voulu se prêter au jeu. Étant plutôt satisfaite du résultat obtenu, je décidai de partager certaines de ces images sur Facebook. Mes photos, qui n’étaient pourtant pas extraordinaires au tout début, ont quand même eu une réponse étonnamment positive auprès des gens. Je recevais une tonne de commentaires et d’encouragements sur mon travail. J’étais si fier, fier comme je ne l’avais pas été depuis un long moment. C’est à ce moment-là que j’ai eu un déclic ! Même sans connaissances approfondies en photographie, ma façon de présenter ma vision du monde à travers la lentille semblait être un atout que je possédais. En plus, j’avais du plaisir à le faire ! Je me suis donc dit : pourquoi est-ce que je n’en ferais pas un métier ? J’étais dans le néant et je n’avais ni compétence ni expérience, mais tout ça me faisait vibrer encore plus fort que je pouvais avoir peur de l’inconnu. J’ai donc enchaîné les séances improvisées en à l’extérieur durant un été entier, afin de m’exercer et de voir où tout ça pouvait me mener. À ma grande surprise, encore une fois, la demande était là, même pour moi qui ne savais pourtant pas grand-chose à ce métier.



La fin de la période estivale arrivant à grands pas, je commençais à entrevoir la complexité d’effectuer des séances dehors en hiver, surtout avec les enfants. Le moment de foncer tête baissée était arrivé. Soit je faisais la location d’un petit studio, soit je laissais tout tomber. C’est avec audace que je pris mon courage à deux mains et ouvris mon studio de photographie à l’automne 2014. Un tout petit espace grand comme une boîte à chaussures dans lequel je devais m’accroupir sous mon bureau de travail afin d’avoir assez de recul pour photographier mes clients. J’adorais faire de la photo. J’étais obsédée (je le suis encore haha !) et ne pensais qu’à ça ! Je pratiquais, j’expérimentais, je lisais et j’écoutais des tutoriels pour apprendre tout ce que je pouvais sur la technique et aussi sur la profession de photographe (je le fais toujours). Bien sûr, j’ai dû travailler d’arrache-pied pour apprendre les ficelles du métier, mais j’avais enfin le sentiment d’être à ma place. J’ai par la suite emménagé dans un local qui m’offrait plus d’espace. Celui-ci était mieux adapté à mes besoins grandissants, mais il lui manquait un petit je ne sais quoi. J’y ai quand même passé une année entière avant que se présente l’opportunité de m’installer dans mon studio actuel. Je suis tellement reconnaissante d’avoir pu aménager le studio de mes rêves en 2015. Tout ça n’aurait jamais été possible sans l’aide et le soutien inestimables de mes parents, qui ont toujours cru en moi et mes projets farfelus.


Tout ce bagage d’expériences accumulées au fil des années m’a permis d’explorer plusieurs types de photographies et ainsi développer mes forces. Ce n’est sans doute un secret pour personne, la photographie de maternité, de naissance et de jeunes enfants sont ce qui me passionne. Je pense aussi que mes décors créés sur mesure m’aident à me démarquer. Pour moi, c’est un honneur d’être choisi pour immortaliser ces moments si précieux de vos vies. Tant et aussi longtemps que je me surprendrai à sourire en regardant les portraits que j’ai conçus pour vous, je saurai que je suis toujours sur mon X. Depuis toujours, je privilégie l’approche humaine afin que vous puissiez vivre une expérience enrichissante et agréable dans le but de vous offrir des clichés originaux, vivants et à votre image. Depuis ma rencontre avec ce métier, j’ai eu la chance d’immortaliser de magnifiques moments pour plusieurs familles et de partager des instants uniques avec elles. Je m’appelle Vicky Neveu et je suis photographe de passion.


220 vues0 commentaire

Posts récents

Voir tout
JE M'ABONNE À L'INFOLETTRE
  • Facebook
  • Pinterest
  • Instagram

IMAGINE VICKY NEVEU PHOTOGRAPHIE